UA-711556-2

 

la tonnelière charbonnières France +33 237491400

HISTORIQUE NON OFFICIEL ÉDITÉ PAR Martine NATHHORST auquel j'adhère


Le labrador, dont le nom correct est LABRADOR RETRIEVER est un chien anglais dont les ancêtres ont étés ramenés de Terre Neuve.

Curieusement, "Retriever du Labrador"est devenu dernièrement le terme officiel désignant les labradors en France. Le club de race responsable de cette incongruité la justifie en faisant remonter la race aux chiens des "indiens" du Labrador. Cette théorie aussi inédite que surprenante ne peut pas faire référence aux habitants primitifs du Labrador qui n'avaient pas de chiens, mais plus probablement aux Inuits, plutôt esquimaux qu'indiens, les premiers à amener des chiens au Labrador avec leurs traîneaux, des chiens qui étaient, par conséquent, des chiens de traîneaux chez qui on chercherait en vain la moindre analogie avec les ancêtres du labrador.

Nous devons déjà à cette association, bizarrement investie du monopole de l'amélioration de la race, parce qu'en fait elle contrôle une partie du commerce lié au labrador, ventes de chiots et de saillies, et tout le système, artificiel s'il en fut, de cotation des géniteurs, les labradors à têtes molossoïdes avec le caractère atypique qui les accompagne, à quand les oreilles en pointe?

Dans un ouvrage daté de 1814, le colonel Pater Hawker décrit une variété de chiens de Terre-Neuve appelés indifféremment labradors de Saint-John ou chiens de Saint- John dont il précise :"Il est rare qu'un pointer, aussi doué fut-il, soit capable de suivre la trace et de retrouver (en anglais retrieve) le gibier blessé à moitié aussi vite que le vrai labrador de Saint John."

La théorie la plus plausible sur la présence de ces chiens à Terre-Neuve est celle que développe la regrettée Mary Roslin-Williams, éleveuse et pionnière du labrador, conseillée par Lady Howe, sous l'affixe Mansergh, dans son ouvrage All about the Labrador publié en 1975.

Ce serait les pécheurs de morue portugais qui auraient introduit à Terre-Neuve les chiens qui les aidaient dans leur travail, les cao de castro laboreiro, une race qui existe toujours au Portugal et dont l'apparence générale rappelle étonnement un mauvais labrador avec, curieusement, la pelote blanche au poitrail, autorisée de tous temps par le standard. Cette origine lointaine expliquerait peut-être aussi les bringeures qu'un éleveur peut être amené à constater avec désolation à la naissance de certains de ses chiots.

Mary Roslin-Williams décrit ainsi les similitudes entre les deux races :"le même poil et souvent le même fouet, la tête et l'expression, l'implantation des oreilles, les membres et les pieds. La forme des cuisses, un point important en matière de type et de pureté chez le labrador"


 


Cao de castro laboreiro
 


Leur nom, Laboreiro, aurait été déformé en Labrador à consonance plus familière puisqu'il désigne la province voisine dont on sait que le labrador n'est pas originaire.

Qu'ils aient étés ramenés de Terre-Neuve par les passionnés de chasse et de chiens qu' étaient les gentlemen anglais ou oubliés sur le port de Poole par les morutiers venant de Terre neuve, les labradors de Saint-John font souche en Angleterre dès 1820 où ils sont retrempés avec divers courants de sang de retrievers anglais, jusqu'à ce jour de 1885 où vient au monde chez Lord Malmesbury, Buccleuch Avon, considéré comme l'ancêtre de toutes les lignées de labradors noirs actuelles.

 



Buccleuch Avon âgé



Il est typique chez certaines lignées de blanchir au museau et aux pattes en vieillissant. Mon Lilleman était de ceux-là, et je n'élève plus que des jaunes sur le courant de sang que j'ai de lui, ayant préféré baser mes lignées de noirs sur des chiens qui ne blanchissent pas en vieillissant, et gardent ainsi un pelage noir jusqu'au bout.

Comme on le constate sur cette gravure, Buccleuch Avon était un labrador "absolument typique, avec une tête splendide, la plus douce des expressions, un fabuleux poil double et une queue de loutre très fournie".

C'est vers 1916 que la Comtesse Lorna Howe fonde le premier club de race ( il en existe actuellement une bonne douzaine en Angleterre), et élabore le standard du labrador retriever, dont son champion Banchory Bolo est une fabuleuse illustration.

 



Banchory Bolo 1915-1927



Cette photo d'une gravure de Ward Binks, abondamment recopiée sans mon accord sur internet est parue en France pour la première fois dans mon livre "Mieux Connaître le Labrador" publié en 1995. Elle provenait d'un ouvrage anglais publié en 1957: The Labrador Retriever par Lorna, Countess Howe and Geoffrey Waring

"Ce ne sont pas ses titres de champions qui me l'ont rendu si précieux, c'est parce que c'est le chien le plus intelligent, le plus humain que j'ai connu", disait de lui Lady Howe.

Il reste pour moi l'archétype de la race à tous les niveaux.

L'histoire de Banchory Bolo

Le premier labrador de Lady Howe se nommait "Scandal of Glynn" , un compagnon irremplaçable dont la mort prématurée la conduisit à rechercher obstinément un descendant de ce chien.

Il s'avéra que ce chien n'avait sailli qu'une seule femelle qui donna naissance à une portée de treize chiots, dont douze femelles. L'unique petit mâle de cette portée n'intéressant pas le propriétaire de la maman, il avait été donné à quelqu'un qui ne lui trouvait pas plus d'intérêt et qui fut heureux d'en faire cadeau à Lady Howe. Ce chien indésirable dont personne ne s'était vraiment occupé se révéla d'entrée sauvage et incontrôlable, confortant l'opinion de ses premiers maîtres : un mauvais chien.

Or il advint qu'il tomba malade, et qu'alors, Lady Howe lui prodigua tant de soins jusqu'à sa guérison que sa personnalité en fut radicalement modifiée.

C'est ainsi que "naquit" l'inoubliable Banchory Bolo.

(tiré de l'ouvrage "Labradors by Leonard E. Naylor" publié en 1952)

Le labrador doit son existence officielle à Lady Howe qui a merveilleusement décrit ce que l'on ressent intimement lorsque l'on partage la vie d'un vrai labrador.